Démarche


Démarche artistique

 

La Normandie et les patrimoines de Normandie sont mes  premières et principales sources d’inspiration qui me donnent l’occasion d’évoquer les richesses et les atouts de cette région normande : le littoral, la Seine, les cités normandes, les patrimoines architecturaux et naturels et qui font l’identité de ces territoires.

 

Ces terres normandes ont été le théâtre d’édifications remarquables  de constructions gallo-romaines dans lesquelles la mosaïque trouvait une place de choix. Le patrimoine archéologique de la Seine Inférieure fut d’ailleurs répertorié au XIXème siècle par l’Abbé Cochet, ancien membre de l’Académie des Sciences, Belles lettres  et Arts de Rouen. Il fut conservateur du musée des Antiquités de Rouen dans lequel sont exposées la grande mosaïque  de Lillebonne et celle de la forêt de Brotonne.

 


 


Le Pixel-Artmosaic

 



 

Avec ce médium  je compose   des "opus régulatum",  des mosaïques de verre inspirés des paysages côtiers, des forêts comme celle de Brotonne, des édifices remarquables comme la cathédrale de Rouen aux tombées de la nuit, des représentations des ports et des cités portuaires, des édifices d’art contemporain comme celui de la verrière de l’église d’Yvetot  et l’église  St Joseph du Havre. Par ailleurs j’aime à composer des portraits.

 

Le Pixel-Artmosaic inspiré de l’opus régulatum de l’art Bysantin, de l’héritage impressionniste et du courant du divisionniste de Signac  est en quelque sorte la rencontre entre  l’ancien et la modernité

Ma technique du Pixel-Artmosaic consiste à assembler des tesselles posées les unes à côté des autres, collées, jointoyées ou non pour former une représentation.

L’apport de l’image numérique et de  l’image  animée des jeux vidéo contribue à cette fusion de l’antique avec le contemporain. Le Pixel-Artmosaic est un nouveau genre, une nouvelle interprétation de ma vision du monde et « un nouvel âge de la mosaïque » comme l’a écrit un journaliste à propos de mon art.

 



La mosaïque d'art


 


 


 

  • une fresque monumentale en neuf  tableaux de mosaïque de verre représentant la vallée de la Seine normande, avec l’autorisation spéciale de reproduction, de représentation ou d’adaptation de IGN – France.
  • une série de petits formats « Traces, empreintes et passages » avec des smalts vénitiens

 

La mosaïque traditionnelle me sert aussi de médium pour des œuvres évoquant des lieux, des légendes de Normandie.

 



La sculpture-mosaïque sur bois flotté



 


 

Pour mes sculptures, je collecte en Normandie  des Bois Flottés  sur le rivage de la Côte d’Albâtre et surtout sur les berges de la Seine.

De ces formes étonnantes et surprenantes à l’état brut naissent mes « Bêtes de Seine »

Très récemment, j’ai  développé  la mosaïque sur chronoxyle. Des chronoxyles charriés par le fleuve arrivent à s'échouer sur les berges de la Seine surtout après les cycles des grandes marées d’équinoxe.

Ainsi piégés ces monoxyles  de bois flottés redeviennent  de  potentiels « bois mort »  au contact de l’air libre.  Ils trouvent une autre vocation  en tant qu’œuvre artistique dès lors que je les sculpte et que je les « mosaïque » par la technique du champlevé et du méplat.

Le Champlevé

Le champlevé  est un terme de métier qui consiste à pratiquer une rainure dans une pièce le plus souvent du métal  comme en orfèvrerie. Cela revient à abaisser le champ d’une pièce afin de pouvoir y incruster une autre pièce, en l’occurrence ici des tesselles de verre ou des smalts vénitiens.

Sur mes bois flottés de la collection « Bêtes de Seine » et  sur mes chronoxyles de la série des  « monoxyles mosaïque » j’utilise cette technique du champlevé. J’évide,  je creuse  des motifs que je remplis de mosaïque de verre coupée, ajustée tout en jouant avec les couleurs sans pour autant systématiquement  composer avec les  oppositions  de pleins et  de creux.


A propos de l'art du bois flotté


Le bois flotté devient  non plus un déchet à retirer des cours d’eau comme une nuisance même si sa prolifération est à canaliser, il devient aujourd'hui une pièce de bois à part entière offerte à la création artistique, à la sculpture à l’installation en pleine nature dans les paysage  des villes, villes d’eau etc…(Arles, Evian, Chaumont sur Loire…  ).  Les peuples de l'arctique  l'utilisaient déjà  ila près de 2000 ans à des fins d'usage utilitaire et chamanique.

Hannah Arendt  dans La condition de l’homme moderne

« Le monde est un ouvrage d'art (au sens des arts et métiers), c'est-à-dire un environnement matériel stable, incarné dans des objets durables qui sont les produits de l'ingéniosité humaine; et c'est cet environnement qui est, selon Arendt, la destination des œuvres d'art (au sens des Beaux-arts).

Ainsi, le monde n’est pas la société. Le monde est un environnement culturel caractérisé non seulement par des symboles et des règles, selon le critère proposé par Lévi-Strauss, mais par des productions matérielles durables : des objets. L'être humain produit des choses «qu'on ne rencontre pas dans la nature». «Le monde est lié aux productions humaines, aux objets fabriqués de main d'homme, ainsi qu'aux relations qui existent entre ses habitants» précise Hannah Arendt dans La Condition de l'homme moderne. Mais le concept de monde n'est pas synonyme de culture au sens courant du terme, car une culture est liée à une société particulière alors que le monde dont parle Arendt est commun à tous les hommes. Il n’est pas relatif à une société particulière. Il a l’universalité de la nature.

En opposant le monde humain à la nature et en associant l'art exclusivement au monde humain, Hannah Arendt rend au moins justice à la vocation de l'art, qui est d'abord, comme l'a fortement souligné Gilson, de «faire». Cela exclut-il la possibilité qu'une chose naturelle puisse être esthétiquement évaluable ? Non.

Mais le bois flotté, la pierre, le coquillage, promus au rang d'œuvres d'art supposent au moins cette intervention humaine minimale par laquelle l'objet sélectionné est en quelque sorte arraché à la nature et introduit dans le monde humain où il est présenté à l'évaluation esthétique.

Les œuvres d'art, dit Arendt, sont «les plus mondaines des choses». «Mondaine» ne veut pas dire ici «relatif à la bonne société» («people», futile); «mondaine» ne veut pas dire non plus «qui appartient au monde entier» («mondial» au sens de la mondialisation). L'œuvre d'art est «mondaine» parce qu'elle est faite pour le «monde» au sens défini plus haut: l'environnement culturel et matériel durable, façonné de main d'homme et qui crée le lien humain de génération en génération.

Si elle est faite «pour le monde», l’oeuvre a bien une finalité, celle d'être au monde. Mais elle n'a pas de fonctionnalité. L'œuvre d'art n'a strictement aucune fonction : ni celle de décorer, ni celle d'enseigner l'histoire, ni celle d'éduquer moralement, ni celle de témoigner, ni même celle d'exprimer les sentiments ou la vision du monde de l'artiste. Toute tentation de trouver une fonction à l'art est une dérive utilitariste. La seule finalité de l'art est d'être là, d'exister dans le monde. C'est ce qu'affirme très clairement Arendt dans cet autre extrait de La Crise de la culture:

«On fait des grandes œuvres d'art un usage tout aussi déplacé quand elles servent les fins de l'éducation ou de la perfection personnelles, que lorsqu'elles servent quelque autre fin que ce soit. Ce peut être aussi utile, aussi légitime de regarder un tableau en vue de parfaire sa connaissance d'une période donnée, qu'il est utile et légitime d'utiliser une peinture pour boucher un trou dans un mur. Dans les deux cas, on utilise l'objet d'art à des fins secondes.»

Source  in : Hannah Arendt. L'art, le temps et l'utilité

 

Mes premiers souvenirs rattachés au « bois flotté » remontent à mes jeux d'enfant alors que j'avais sept ou huit ans, en Savoie, au bord des torrents de la Montagne de l'Epine aux confins des communes de St Sulpice, Cognin et Bissy, aux hameaux de Begon, Chalou ( Chaloz, Chaloup) puis au Fresney sur la commune de Saint-Sulpice où nous passions chaque année nos vacances familiales, au mois d'aôut, de 1958 à 1978 en ce qui me concerne.

Je passais des longs moments seul à jouer, à construire des barrages et y faire flotter et descendre des branches de bois flotté sur le torrent de la Dhuy.

Bien plus tard en 2004, l'idée du bois flotté- mosaïque m'est venue après avoir vu que ces formes de bois flottés trouvés échoués sur le littoral de la côte d'Albâtre qui pouvaient évoquer des abstractions, des formes humaines ou animales, à bien les regarder...

J'ai commencé par incorporer ces bois flotté dans des installations éphémères, land art, « in situ » tout d'abord chez moi dans mon jardin à Yvetot.

A Yvetot, faisant courir une glycine sur une pergola de fils tendus, j'ai accroché et suspendu différentes matières dont des "bois flotté". J'ai commencé mon premier assemblage de bois flotté par un oiseau (2004)

Puis est venue « l'heure bleue » alliant mosaïque et bois flotté.

Par la suite j'ai adopté la posture du chercheur de bois flotté.

"La nature dicte la forme" - Pascal levaillant 2008

Lentement, les éléments érodent la matière qui se transforme, le sculpteur, quant à lui, interprète la structure: il l'évide, il l'épure et enfin il l'habille de tesselles de verre tel le styliste.

C'est ainsi que le concept du bestiaire m'est venu à partir de la forme d'une écorce d'arbre.

Ainsi est né l'éléphant-loup.

Puis vint le tigre préhistorique, le minotaure, le chaméléon, le loup vert, l'ours blanc... De ces formes étonnantes et surprenantes à l'état brut sont nées mes « Bêtes de Seine .

Ces bois flotté trouvent une autre vocation en tant qu'œuvre artistique dès lors que je les sculpte et que je les « mosaïque » par la technique du champlevé et du méplat.

C'est en admirant un poteau de soutènement paré de coquillages datant du milieu du 2ème millénaire après J.C. que j'ai pris la mesure de cette technique du champlevé appliquée non plus sur métal et en orfèvrerie mais dans l'architecture à l'instar des bas relief dans la pierre.

Cette pièce monumentale provenant d'Amérique du Sud est visible dans les collections permanentes du Musée des Arts Premiers au Quai Branly. Jusqu'à preuve du contraire les plus anciennes pièces en bois proviennent d'Amérique du Sud.

Le champlevé est un terme de métier qui consiste à pratiquer une rainure dans une pièce le plus souvent du métal (par l'acide) comme en orfèvrerie (émaux, lapis lazuli... ). Cela revient à abaisser le champ d'une pièce afin de pouvoir y incruster une autre pièce, en l'occurrence ici par mon intervention, des tesselles de verre ou des smalts vénitiens.

Le Champlevé est une technique multi-millénaire utilisée à Our il y a 4600 ans. (mosaïque de l'Etendart)

liens:

- Frise d'un panneau de mosaïque | Musée du Louvre | Paris

- Etendard D'ur Mosaïque murale mésopotamienne 2600 avant JC ...

- Les collections du quai branly - Scribd les arts premiers vu du quai branly by david.thao in collections, quai, and branly. ... un grand masque vungvung des baining, un poteau mapuche rare du Chili, ...... parcours qui fait dialoguer les objets entre eux, du XVe siècle à nos jours.

Tout comme les "anciens", j'évide, je creuse des motifs que je remplis de mosaïque de verre coupée, ajustée tout en jouant avec les couleurs sans pour autant systématiquement composer avec les oppositions de pleins et de creux.

J'ai ainsi remis au jour cette technique du champlevé habituellement utilisée et réservée aux émaux que le public découvre ou redécouvre grâce à mes œuvres sur bois, bois flotté et écorce flottée.

Puis j'ai tenté l'assemblage des bois échoué, de bois de barque, de bois flotté au début des années 2010 avec des glanages sur les côtes de la Manche, principalement dans le Cotentin mais aussi sur la côte d'Opale, la côte fleurie, les côtes bretonnes.

La série « Channel » commencée en 2014 est constituée actuellement de plus de 70 assemblages dont les matières proviennent des ressources naturelles du littoral, des laisses de fleuve et de mer, de bois de barque, bois flotté de palette, bois des forêts et des chemins, bois de la plage, et des nombreux rebuts et déchets que l'on trouve en pleine nature, en bord de Seine ou au bord du littoral français.

Le titre Channel rend hommage à la Manche, cette mer ouverte d'un côté sur l'Atlantique et d'un autre sur la mer du Nord. Cette série a un parfum d'aventure et chasse aux trésors.

Ce carré est constitué de bois flotté, de galets de verre dépoli, de galets de céramique, de porcelaine, de rondelles de flotteurs, de galets,de bouchons de liège, de coquillages...

L'encadrement est réalisé également en bois flotté.

Depuis douze ans je détourne activement les minéraux et les végétaux environnants valorisant ainsi leur diversité.

Ma démarche s'inscrit dans projet esthétique élaboré à partir d'éléments naturels collectés, sélectionnés, installés in situ (en pleine nature) ou intra-muros de lieux culturels et patrimoniaux.

La direction affichée est de promouvoir l'art de la nature, avec la nature tout en respectant l'environnement dont je prélève les matières issues du règne minéral, végétal et peu ou prou animal.

Créer avec et au sein du règne végétal, minéral et animal est une expérience, qui me permet de continuer d'entretenir un rapport intime avec la nature et dans la nature.

La nature est la plus belle des palettes pour le plasticien, telle est ma posture.

Ainsi sélectionnés ces échouages deviennent motif, matériau, matière, support pour la création.

Le végétal et le minéral offrent une diversité, une mosaïque de couleurs sans limite à l'égal de l'infinie richesse des tonalités trouvées dans la nature à l'état naturel au gré des balades, des collectages, des collections de feuilles, feuillages, bois, roches, galets, graviers, coquillages, minéraux ou manufacturé: rebut, déchet que la mer et les eaux rejettent et repoussent sur les plages du fleuve ou du littoral : textiles, matières, fibres, plastiques, cordages, flotteurs...

Incorporer ces matières dans la création est une démarche artistique contemporaine à l'instar de la photographie, l'architecture, les arts décoratifs, le paysage végétal, les jardins, la vidéo...

Mon langage poétique et plasticien s'exprime avec la nature et par la nature que je passe au crible. Je suis un "ambassadeur de la nature", une vraie seconde nature par laquelle j'assouvis mon activité de cueilleur, glaneur.

Ma démarche est une forme de passerelle entre l'art d'aujourd'hui et des formes plus anciennes comme l'art des peuples arctiques (peuple du Dorset notamment) et celle plus contemporaine tel le dadaïsme dont Apollinaire en 1913 a jeté les prémices par son manifeste: "On peut peindre avec ce qu'on voudra, avec des pipes, des timbres-poste, des cartes postales ou à jouer, des candélabres, morceaux de toile cirée, du papier peint, des journaux".

Les premiers assemblages connus datent de la civilisation perdue du Dorset au Nord Canada avec de fabuleux masques.

Bien plus tard, le dadaïste Kurt Schwitters proposera ainsi de "déformuler" les débris, de redonner à ce qui a été mis en pièces une dignité nouvelle, de permettre à ces "restes d'accéder au "ciel des ordures". Jean Arp qui lui était contemporain et proche adoptera une démarche voisine avec sa trousse d'un Da ( 1920), bois flotté cloué sur bois.

Un peu plus tard Louise Nevelson contribua à la diffusion de l'assemblage avec des matériaux naturels ou détournés puisés dans l'environnement immédiat.

Pour moi, l'assemblage, tout comme la mosaïque est un procédé permettant de créer des représentations concrètes ou abstraites d'où surgissent l'image, le motif.

Sur un autre versant artistique j'ai commencé en 2016 ma série « Echalas circular alignment » constituée de pieux, échalas parés de smalts vénitiens (technique du Champlevé)

J'ai découvert les échalas lors de mes incursions dans des vignobles de Cahors, de Savoie, de Champagne, de Charente, des coteaux du Beaujolais, de Château Neuf du Pape, des Corbières, du Minervois, du Bugey, de l'Arbois, de l'Alsace, du Bordelais aux vignobles, d'Ancenis et de Cheverny en Val de Loire...

En Pays de Caux, mon père m'a témoigné de la présence de la vigne du temps de sa jeunesse, au hameau de la « Sècheresse » entre Héricourt et Hautôt St Sulpice, mon village natal.

En marchant sur ces anciens coteaux vous pourrez peut-être observer certaines plantes compagnes des vignobles comme le muscari à toupet, le muscari atlantique, l'ail des vignes...

J'ai rencontré voici un an un vigneron normand basé à Freneuse au domaine de Saint-Expédit qui se nomme Edouard Capron et Luc Bauer du Bugey connu pour ses vins sublimes des "grangeons" près de Tenay en Bugey à Argis. Ces échalas proviennent du Bugey.

Depuis 2014 je réalise une nouvelle série intitulée "instruments d'avant" histoire de la préhistoire musicale aux accents de bois flotté mis en scène.


C.A.I.R.N [Mosaïque verticale] Land Art

 

"Le C.A.I.R.N. est une Construction Artistique Incorporant des Roches Naturelles" - Installation © Pascal Levaillant  2012



 

Le cairn: une construction vernaculaire universelle


Remerciements à Alexandre Chollier et Anne Cauquelin pour leurs riches contributions.

 

"À chaque bond, on pouvait distinguer quelque part en avant signe généralement deux pierres plates l'une sur l'autre , au sommet d'un rocher, et une pierre ronde par-dessus à titre décoratif." Kerouac, Les clochards célestes, 1963, Folio, Gallimard, p.104

 

"Tu ne vois pas un petit tas de pierres sur ce rocher, près du pin? C'est un repère construit par d'autres alpinistes qui sont passés par ici. Peut-être même l'un de ceux que j'ai placés en 1954, mais je n'en jurerais pas. Il nous faudra progresser de rocher en rocher maintenant, en guettant attentivement ces repères qui nous indiquent la bonne voie." Kerouac, Les clochards célestes, 1963, Folio, Gallimard, p.100

 

 

"Le jour paraît à peine; de pierre en pierre on saute le ruisseau et on commence à gravir les pentes du ravin qui nous conduit au col de Llo ou des Fenestrelles. Bientôt, on herborise, et comme voilà, là-haut, le col, avec sa petite pyramide de pierre, je laisse monter ceux qui préfèrent marcher lentement que d'avoir à s'arrêter."

 

Charles Flahault, Herborisations en zigzag, journal d'un botaniste, Région méditerranéenne (1887-1896), Perpignan, le 21 juillet 1893, p.118

 

« L'architecture du cairn est élémentaire, si élémentaire qu'elle peut-être la toute première dans l'histoire de l'humanité qui ait été pensée et réalisée [...] il suffit de se rappeler que la construction en pierre sèche s'oppose à la pérennité propre à la pierre » Autour du cairn, Chollier, 2010, p.20

 

Si vous voulez tout savoir ou presque sur le cairn il faut se procurer et lire absolument l'ouvrage d'Alexandre Chollier, Autour du cairn, Héros-Limite I géographie(s), Genève, 2009. Après l'avoir contacté, il m'a autorisé à citer des extraits de son opus.

 

« Des cairns il y en a aujourd'hui partout, je dirais même n'importe où. A commencer par là où se trouve le matériau brut, qu'il s'agisse de pierres, de cailloux ou de galets dans le lit évasé des rivières, sur les rives accessibles de nos lacs. » Autour du cairn, Chollier, 2010, p.11.

 

« Le cairn a beau être une figure de toute évidence anthropogène, élevée ou érigée tant pour indiquer, pour marquer, tantôt pour borner, pour protéger, cela ne change pas grand-chose [...].Entré dans la langue française à la fin du XVIIIème siècle via le gaélique carn ou cairn le mot conserve l'évidence de ce rapport par l'entremise, de sa racine pré-indo-européenne kar, valant pour pierre » Autour du cairn, Chollier, 2010, p.20

 

CAIRN, subst. masc. Étymol. et Hist. 1.

 

1797 carn « construction préhistorique, peut-être à usage funéraire » (Faujas de Saint-Fond, Voyage en Angleterre, en Écosse et aux Iles Hébrides, t. 1, p. 343 ds Mack. t. 1, p. 189b);

 

1833 cairn (Michelet, Hist. de France, 1, 200 [1879] ds Quem.); 2. p. ext. 1860 « abri de pierre construit par les explorateurs polaires » (Tour du Monde, p. 23 ds Bonn.).

 

Terme écossais, attesté au sens 1 sous la forme carne dep. le xvies. (1535 ds NED), devenu cairne, cairn en écossais mod. (1600 ibid.), issu du gaélique carn « tas de pierre », auquel correspondent l'a. irl., le kymr. et le bret. carn « id. », qui sont peut-être à rattacher à la racine i.-e. kar- « dur », v. caillou. in:www.cnrtl.fr/etymologie/cairn

 

Cairn: tas de pierres édifié en vue de constituer un grand signal visible de loin en montagne – terme d'origine celtique in: education.ign.fr/sites/all/files/glossaire_noms_lieux.pdf

 

Kerkour: En Afrique du Nord, ils sont parfois appelés kerkour - La gestion des ressources naturelles dans la vallée des Aït - https://www.cairn.info/revue-mondes-en-developpement-2008-1-page-6...est un concept spatial, un territoire délimité par des repères topographiques matérialisés le plus souvent sur le terrain par de simples tas de pierres (kerkour).

 

C.A.I.R.N. en 2012, j'ai créé cet acronyme afin de situer mon travail artistique vis à vis de toutes ces perceptions, de ces représentations, de ces significations à travers le monde

 

Construction Artistique Incorporant des Roches Naturelles © Levaillant 2012

 

L'empilement de pierres n'est pas seulement repéré au Canada (logo des J.O 2010 de Vancouver) car on trouve la trace et l'usage du cairn un peu partout dans le monde. L'origine de l'empilement de pierre proviendrait de multiples lieux et d'époques et correspondant à de multiples significations comme d'usages, du Tibet, de la Chine, du Japon à l'arctique, du Groenland, de l'Ecosse, de la Grèce, de l'Allemagne...de sa fonction dans les jardins ou de sa présence sur le littoral, en campagne, en montagne, dans la cité, immatériel dans la publicité où sais-je encore!

 

« le 18, nous fîmes halte au second cairn (amas de pierres) du détachement, et nous y trouvâmes un billet qui nous annonçait qu'ils avaient été retardés par les maux d'yeux et de pieds. Le 20 juin nous campâmes près du troisième cairn, sur une pointe où il y avait quelques vestiges d'anciennes stations des naturels. Le lendemain nous trouvâmes le quatrième cairn, mais renversé et sans billet : nous pûmes cependant suivre leur route au moyen de pierres qu'ils avaient placées de distance en distance »

 

in: Bibliothèque universelle des voyages effectués par mer ou par terre dans les diverses parties du monde, depuis les premières découvertes jusqu'à nos jours - Albert Montémont, 1833, Armand-Aubrée, Editeurs, 222-223. Voyages en Amérique, XXème siècle, Ross, Voyages aux régions arctiques, (1818-1833) premier voyage (1818-1819). Cap Dudley-Digges Iles Browne, Région du Groenland. in https://books.google.fr/books?

 

Récit d'expédition datant de 1595-1597

 

"Sur le rivage gisaient les débris de la charpente d'un navire; ce qui conduisait à supposer que le navire en question avait fait naufrage sur ce point de la côte; que ceux qui le montaient avaient construit la cabane, y avaient passé l'hiver et étaient partis plus tard sur les embarcations. Le capitaine Carlsen fit élever un varde (cairn, pyramide) de pierre et de bois, placer à l'intérieur une bouteille de fer blanc renfermant le récit de la trouvaille, et dresser sur le tout une perche de 20 pieds de haut. L'observation donnait 76° 7' lat. N. Cette latitude et l'examen des objets trouvés révélaient immédiatement l'origine de ces ruines. C'était là que les fameux navigateurs hollandais, Heemskerke et Barents avaient passé l'hiver 1596-97 dans leur voyage à la recherche du passage du Nord-Est." (extrait des Mittheitungen de Petermann, n°5, 1872) in: Découverte de la cabane d'hivernage de Barents et de ses compagnons [article] Le Globe. Revue genevoise de géographie Année 1872 Volume 11 Numéro 1 pp. 195-204

 

Le mot cairn proviendrait de l'écossais càrn. Il désigne plusieurs types de collines ou des tas de pierres naturels. En Ecosse, l'empilement de pierre sur des collines semble être une vieille coutume. La dite coutume voudrait que beaucoup d'écossais déposent une pierre au sommet des collines qu'ils visitent. Selon un vieux dicton : "Cuiridh mi clach air do chàm " , traduisez: " J'irai déposer une pierre sur ton cairn".

 

Le cairn pouvait avoir fonction de tombeau néolithique (Inde, Tibet, Bretagne [Barnenez])

 

Le tumulus et le dolmen seraient une autre forme connue de cairn (Tumulus de Gravinis [Golfe du Morbihan], alignements et empilements à Stonehenge [UK] que j'ai visité.

 

Depuis l'antiquité en Grèce plus précisément, on trouvait déjà des hermios (empilements de pierres) pour marquer les routes. Dans la Grêce antique Hermès fut le dieu des routes et des voyages.

 

Hermès et la culture Grecque

 

"Il est, parmi les dieux grecs, le plus proche des hommes et le plus bienveillant à leur égard : il leur donne l'écriture, la danse, les poids et mesures, la flûte et la lyre, le moyen de produire une étincelle lorsque le feu s'est éteint. Il était de coutume de placer des empilements de pierres en son honneur aux carrefours : chaque voyageur ajoutait une pierre à l'édifice". in: http://www.greceantique.net/hermes.php

 

Tibet - Tas de pierres mani

 

"Le Yungbolhakang, qu'on dit le plus ancien palais du Tibet, fut construit au IIe siècle av. notre ère au sommet d'une colline à Shannan. À l'époque du Ve dalaï-lama, il fut restauré en temple. Sur la route vers le Yungbolhakang, nous avons croisé un enfant d'une dizaine d'années tenant fermement une pierre de la grosseur d'un poing contre son front pendant qu'il récitait un mantra. Puis, il a déposé la pierre avec les autres entassées au bord de la route, avant de s'éloigner avec son père. Les Tibétains appellent ces pierres mani. Les tas de pierres, en forme de pyramides ou ronds, sont communs au Tibet. Habituellement, le mantra universel, Om Mani Padme Hum, est inscrit sur ces pierres plates, galets ou roches, et des images de déités et de grands bouddhistes ainsi que des écritures sacrées y sont aussi gravées.Les fidèles érigent partout ces tas de mani pour manifester leur piété envers les enseignements du Bouddha. Quand ils rencontrent un tas de mani, les passants circulent autour dans le sens contraire des aiguilles d'une montre en priant pour la santé, la paix et le bonheur. "

 

in: http://chine.in/guide/tibet-bouddhisme_155.html

 

Stone Balancing - Rock balancing

 

Cet exercice consiste en une forme de performance, d'un spectacle ou d'une dévotion. Il s'agit d'ériger un empilement, une combinaison verticale de roches ou de pierres exigeant dextérité, patience, sensibilité afin de monter pierre sur pierre, une hauteur variable déjouant les lois de l'équilibre et de la gravité. L'improbabilité est le défi relevé à chaque expérience. L'artiste cherche à édifier pour la seule beauté de cet exercice ou bien il peut chercher pour la performance individuelle ou collective à se faire rétribuer.

 

Adrian Gray serait le pionnier de cet art - www.stonebalancing.com/ Michael Grab est très en vue - gravityglue.com/

 

Critique du livre d'Alexandre Chollier "Autour du cairn, par Brigitte Steudler, Publié le 17/06/2010, Autour du cairn Alexandre Chollier - Viceversa Littérature www.viceversalitterature.ch/book/10268

 

"Objet total, le livre d'Alexandre Chollier Autour du Cairn interroge d'emblée celui qui par chance le tient entre ses mains. Sa couverture d'abord. Reproduisant un vieux cliché photographique dû au cinéaste Robert Flaherty, elle représente un eskimo vu de dos se tenant debout le regard fixé sur un cairn érigé à sa droite. Les dessins de Marc De Bernardis ensuite. Illustrant avec une précision infinie les propos tenus par l'auteur en restituant la variété de formes et de noms que ces empilements de pierres tenues en équilibre peuvent revêtir: cairn, kerkour, gendarme roccioso, inuksuk, iqualuqarniraijuq, murs en pierre sèche, pierres en équilibre, cônes, pierres-cairn, chorten, obo ou laptse, qu'ils soient amas souhaités, le fait d'explorateurs ou d'artistes du Land Art tel Andy Goldsworthy, espacés, marquant un sentier ou situés sur des cols. La prose d'Alexandre Chollier enfin. Mêlant analyses et références anthropologiques, philosophiques et sociologiques, sachant alimenter la curiosité de son lecteur tenu en haleine par un style clair et didactique, enrichi de si nombreuses considérations poétiques que l'ensemble ainsi réuni exerce d'emblée un grand pouvoir d'attraction."

 

Eriger des cairns reste un "art de faire" vivace, encore méconnu mais répandu sur l'ensemble de la planète. Galets, pierres, blocs, rochers, cailloux sont les matières de prédilection du randonneur, du promeneur, du néophyte, de l'artiste, du land artiste... Quelque soit la motivation, la croyance ou la démarche de chacun de ceux qui pratiquent ce savoir faire est vivant du Tibet à la Corse, de St Jacques de Compostelle à la Bretagne, des Alpes à la Scandinavie, de l'Amérique du Nord à l'Islande, de l' Ecosse à l'Afrique du Nord, de la Grèce à la Sibérie...

 

« Samivel dit que rien n'est plus silencieux qu'un amas de pierres, ordonnées ou non » Autour du cairn, Chollier, 2010, p.18

 

En ce qui me concerne, j'ai déjà érigé près d'un millier de cairns depuis mes tous premiers dans les années 60 et début des années 70 en Savoie. J'ai repris durablement cette pratique en Bretagne en 2010 et depuis partout en France.

 

Je figure au premier plan à droite, année 1971 au mois d'août, Col du Carro à plus de 3000m à la frontière franco-italienne. à gauche l'empilement de pierre en contre jour contraste avec les neiges du Grand Paradis. Il fait chaud, nous sommes tous en maillot de bain. Une pierre de plus à l'édifice après notre passage.

 

« Le cairn est transgéographique tout comme il est transhistorique, cela non seulement car sa présence est de tous lieux et de tous temps, mais aussi parce que ses origines ne sont nullement discernables de façon certaine, ni géographiquement, ni historiquement » Autour du cairn, Chollier, 2010, p.16

 

Depuis je les mets en scène en Seine, sur les côtes françaises de la côte d'Opale à Concarneau, sur les cours d'eau du Lot, de la Marne, de l'Ain, du Rhône et de la Saône, de l'Allier, de la Loire, de l'Isère, de la Garonne, du Beuvron, de la Vire, de la Risle, de l'Eure... et en forêt, sur les sommets, sur les crêtes, en forêts, sur les coteaux...

 

« Le cairn, simple tas de pierres ou construction ordonnée, est un élément fondamental à toutes les cultures. » Alexandre Chollier, Autour du cairn, Héros-Limite I géographie(s), Genève, 2009

 

Le cairn est en définitive une mosaïque verticale sans joint ni liant dont la tenue de l'empilement est dû aux lois de la gravitation et de l'équilibre. Depuis mes premières ascensions alpestres dès 1968, j'ai souvent croisé des cairns, qu'on appelle aussi couramment empilements de pierre, pratique répandue que relatent notamment les randonneurs, les explorateurs, les botanistes notamment depuis le XIXème siècle lors de leurs récits d'expédition ou d'herborisation.

 

« Sans mortier ni liant, on peut dire que dans la cairn les pierres tiennent seules, vivantes sous nos doigts comme sous notre regard, comme si ces constructions, aussi complexes soient-elles, continuaient d'appartenir à la nature. » Autour du cairn, Chollier, 2010, p.17

 

Eriger des cairns avec des galets, des pierres, des roches est devenu une pratique artistique du Land art, dès les années 1960 (Andy Goldsworthy)

 

« L'installation dans un « lieu » naturel, le bord de mer, la plage le rocher, la clairière inscrit l'objet comme lieu rhétorique, comme topos il appartiendra désormais au glossaire paysager» in Andy Golworthy, « beach cairn collected peebles », 1985 (ibidem) in Anne Cauquelin, L'invention du paysage, Editions Quadrige, PUF, Paris, 2000, p.153-154.

 

"Les artistes du land art nous montrent le site qui est non site dans l'espace d'un territoire devenu oeuvres." in Anne Cauquelin, le site et le paysage, Quadrige, PUF, 2002, p.16.

 

"Le site in situ est situation et met en situation, c'est-à-dire en condition d'une mise en situation. L'œuvre est sa condition même. Evénementiel, contingent, il revendique le banal, le transformable ou jetable, il n'est en effet que le simple révélateur de ce qui est, d'un état des choses, de leurs relations entre elles, qu'il signale. Cet effet a été mis en lumière par le travail des land artistes, dans les années 1970 et 1980.[...] Ce travail consistait à élire un endroit du monde dépourvu de marque, sans histoire autre que celle de la terre elle-même comme sol géologique, et d'y déposer ou édifier un objet ; ce qui pouvait être un simple caillou, la trace de pas sur le sol, une ligne tendue entre deux points, un trou creusé dans la pierre ou le sable, des piquets élevés vers le ciel. Ces objets N ne portaient pas eux tous seuls le nom d'œuvre, c'est l'ensemble : objet+ environnement+travail d'installation qui en faisait une œuvre d'art.

 

Double démonstration : tout d'abord qu'il n'y a pas d'œuvre naturelle, seule la trace construite donne l'orientation, construit une aire d'expérience, libère des significations qui ne sont pas inscrites jusque-là dans le monde dit « naturel », ensuite, que l'œuvre est justement ce qu'elle n'est pas, et que le site que l'on vient d'ériger doit être dit « non-site » Tout comme l'œuvre devrait être dite non-œuvre si l'on s'en tient au paradigme du land art." in Anne Cauquelin, le site et le paysage, Quadrige, PUF, 2002, p.152-153.

 

Puis est venue l'idée de cette inscription de cairns en Seine normande qui s'est révélée suite à mon voyage à pied en Seine du barrage de Poses jusqu'à l'embouchure du fleuve.

 

L'installation éphémère se joue du jusant, du reflux, du vent, de la pluie, du temps, du courant du cours d'eau et du temps qui passe.

 

Cette œuvre dans la nature devient réalité, en milieu naturel elle subsiste par la trace photographique ou par la vidéo. Installer dans la nature, in situ devient ma toile, un art visuel, une œuvre plasticienne.

 

Si mon intention première est l'installation du cairn dans un milieu naturel dans lequel sont prélevées les pierres il se trouve que parfois, une fois la prise de vue effectuée, un sujet sur l'image apparaît.

 

Sans que l'intention soit focalisée sur un résultat improbable, l'objectif est d'ériger l'empilement de pierre.

 

Il se trouve que parfois une silhouette figure une représentation connue comme dans beaucoup d'expérience que j'ai mené.

 

Un animal, un personnage surgit non pas par magie mais plutôt par pur hasard.

 

Car dans l'art de l'empilement c'est l'assemblage de matières qui opére la mosaïque verticale éphémère

 

Une Mosaique n'est pas autre chose que un assemblage avec ou si joint mais dans ce cas particulier, le motif se lit par sa verticalité, sa défiance de l'équilibre et de la tentation d'une inscription durable dans le temps et dans l'espace mais a coup sur ephemere: défi de tout bâtisseur, de tout architecte.

 

J'ai créé cet acronyme afin de situer mon travail artistique vis à vis de toutes ces perceptions, de ces représentations, de ces significations de par le monde: C.A.I.R.N.

 

Construction Artistique Incorporant des Roches Naturelles" © Levaillant 2012

 

En phase avec l'idée du respect de l'environnement, la roche prélevée et sélectionnée est remise à son emplacement initial ou bien elle retourne dans le lit de la rivière ou à la mer par mon action ou par celle du vent et du courant, de la marée.

 

« Tas de pierres le plus souvent situé dans nos contrées à l'entour direct des sentiers et chemins de montagne, le cairn est un artefact apparemment bien connu. Elevé tantôt avec art, tantôt sans, pourtant toujours avec adresse, il est doté d'une silhouette aisément identifiable, et son rôle de guide ou de repère est rendu plus évident sitôt que l'on bute sur un obstacle : chemin invisible ou alors dédoublé » Autour du cairn, Chollier, 2010, p.11

 

Le Land Art

 

Le land Art est devenu depuis les années 60 au USA, une tendance de l'art contemporain à part entière. Dès lors les artistes utilisent des matériaux issus de la nature comme le bois, la terre, les pierres, le rocher, le sable et les végétaux.

 

« Pierres en équilibre, empilements fragiles ou encore assemblages complexes, toutes les formes paraissent plus ou moins directement inspirées du Land Art » Autour du cairn, Chollier, 2010, p.11

 

Le cairn est entré dans cette dimension à cette période. Les artistes du Land Art utilisent ces matériaux en les creusant, en les évidant, en les sculptant, en les déplaçant dans l'espace, en les répétant, en les accumulant, en les plantant et en les fichant dans le sol, en les habillant, en les transformant... Le Land Art propose une approche monumentale, minimale ou conceptuelle du traitement artistique du paysage.

 

« Les artistes du land art font œuvre de l'environnement même, en utilisant les ressources de l'art du paysage: focalisation, dispersion, et de nouveau concentration; l'œuvre, c'est la vision d'un ensemble ordonnant les catégories d'espace et de temps. Parallèlement, ils érigent en œuvre la tentative éthique de rendre la terre à son état premier, la soustrayant aux ravages humains par une certaine disposition particulière du site et dans le site. » Anne Cauquelin, L'invention du paysage, Editions Quadrige, PUF, Paris, 2000, p.4-5.

 

Beaucoup s'inspirent des sites archéologiques et sacrés, certains ajoutent à leurs œuvres des éléments naturels étrangers à la structure première, aux matériaux originels de l'œuvre. Plus généralement les artistes du Land Art veulent vivre et opérer un rapport intime avec la nature en proposant d'éloigner l'art des musées et des galeries.

 

J'utilise seulement les matériaux existants.

 

A contrario de mes installations en pleine nature, le premier axe historique fut le gigantisme lié aux paysages américains et la transformation important de ces lieux, dans les années 60.

 

Gilles A. Tiberghien offre un aperçu des connaissances sur et autour du Land Art dans son ouvrage « Land Art », il définit le Land Art comme une épure et l'ambition de se débarrasser de l'art du chevalet et des grands principes du modernisme et faire entrer l'art hors des musées et de le faire autrement que dans des expositions muséales.

 

Jean Noël Fessy postule que l'art dans la nature, « c'est sortir de son atelier solitaire pour aller travailler dans la nature, en rapport et avec la nature, nature qui peut d'ailleurs très bien être urbaine »

 

Je suis beaucoup plus sensible à la démarche qui privilégie le respect de la nature. Je préfère au gigantisme un Land Art en harmonie avec la nature et moins violant pour l'environnement naturel [Les déplacements des éléments collectés, choisis, sélectionnés se limitent à de simples marquages, de simples traces ou empreintes du pas, de pieds].

 

L'œuvre subsiste par le biais d'un film, d'une vidéo ou de photographies permettant à l'artiste, aux artistes de fixer l'œuvre et l'installation en pleine nature.

 

 

Voici les liens de quelques artistes:

 

http://www.davidstricker.ch/

 

œuvres d'art en Plein air, Andy Goldsworthy

 

www.richardlong.org/

 

http://nicolas.wintz.nw.pagesperso-orange.fr

 

Clémence Renaud – Elizaveta Konovalova : CAIRNS - ArtéMédia

 

www.artactif.com/fessy

 

www.artactif.com/fr/land-art.php-

 

www.richardshilling.co.uk/

 

librenecessite.over-blog.com/article-empillements-de-pierres,

 

fr.wikipedia.org/wiki/Inukshuk,

 

Empilement de pierres - Martouf

 

Ouvrages:

 

Alexandre Chollier, Autour du cairn, Héros-Limite I géographie(s), Genève, 2009

 

Hervé Le Tellier. Inukshuk, l'homme debout. Bordeaux : Castor astral, 1999. (roman)

 

Mike Ulmer. The Gift of the Inuksuk. Chelsea : Sleeping Bear Press, 2004. (littérature jeunesse)

 

Gérard Moncomble. Inukshuk, le garçon de pierre. Milan jeunesse (Terre de couleurs), 2004. (littérature jeunesse)

 

Marc Pouyet - Artistes de nature Pratiquer le Land Art, au fil des saisons Ed Plume de carotte www.plumedecarotte.com/

 

planche cairns en Seine © Levaillant 2017

 

Planche cairns en France © Levaillant 2017

 

Herma : tas de pierres « plutôt que de donner son nom au tas de peirres (herma), c'est le tas de pierres qui aurait donner au dieu le sien. » Autour du cairn, Alexandre Chollier, p. 75 et note n°16, p.180

 

L'inuksuk « L'inuksuk, en tant que tel, personne ne le confondrait avec le simple tas de pierres « que tant de peuples nomades élèvent de place en place au long de leurs itinéraires » [...] l'inuksuk n'en est pour autant pas une œuvre d'art. » Autour du cairn, Alexande Chollier, p.52.

 

Le stûpa "Le stûpa, mot sanskrit signifiant le monticule ou la pile au sens de ce qui résulte d'un empilement de pierres brutes mais porte pareillement par des constructions plus élaborées " Autour du cairn, Alexandre Chollier, p.40-41.

 

La quille « Il faut compter avec des objets résolument plus anthropomorphes, comme la quille provençale ou cévenole, dont le sens vaudra pour « grand cairn » » Autour du cairn, Alexandre Chollier, p.40.

 

Mont-joyes, montjoie « Parfois, comme l'écrit Antoine de Furetière dans le Dictionnaire universel, l'enseigne des chemins est appelée montjoie : « Les mont-joyes n'estoient souvent que des monceaux de pierres ou d'herbes qui enseignoient le chemin aux passans » » Autour du cairn, Alexandre Chollier, p.40.

 

Steinhaufen « [...] le steinhaufen, le tas de pierres et, plus intéressant encore, le steinberg » Autour du cairn, Alexandre Chollier, p.39-40.

 

Steinpyramide « Selon le Deutcsches wörterbuch des frères Grimm, ce mot équivaudrait à celui de steinpyramide que l'on rencontre souvent dans les Alpes. Si, en l'occurrence, il est plus directement question des tas de pierres érigés à des fins géodésiques sur certains sommets par les géomètres, référence est néanmoins faite au repère servant à désigner le bon chemin » Autour du cairn, Alexandre Chollier, p.40.

 

Moulons de joye « Paul Sébillot nous apprend que, aux alentours de la Sainte-Baume, le terme désigne de minuscules édifices-appelés autrement moulons de joye- servant cette fois d'ordalie, castelet cousin, dans un Afghanistan pas si lointain de la Kalacha (en dari, « la petite forteresse ») » Autour du cairn, Alexandre Chollier, p.41.

 

Le castelet « Le castelet est compris dans certaines régions chrétiennes comme le petit château, tas de pierres laissé derrière soi par des pèlerins comme témoin de leur passage » Autour du cairn, Alexandre Chollier, p.41.

 

L'obo « plus au nord , il y a l'obo mongol dont le sens fait écho au stûpa puisque que lui aussi signifie la pile ou le tas. Le nom sert à désigner la construction monumentale et ses cairns ancillaires disposés alentour, ainsi que les simples tas de pierres érigés le long de la piste » Autour du cairn, Alexandre Chollier, p.41.

 

« Wegzeichen signe rencontré sur le chemin donnant une direction ; ou de manière plus sensible lorsqu'il est « ce qui indique le chemin » wegweiser ou wegzeiger » Autour du cairn, Alexandre Chollier, p.44

 

Champignon « le champignon, ce petit tas de pierres dont la silhouette chapeaute bien des sommets » Autour du cairn, Alexandre Chollier, p.44.

 

Ometto di pietra « l'ometto di pietra, le petit homme de pierres ou encore l'uomo di sasso, l'uomo di pietra et enfin le gendarme rocioso à la formidable taille.[...] l'ometto, ce mot désigne en italien le petit homme pas très intelligent mais aussi le tas de pierres de l'alpiniste ou du randonneur » Autour du cairn, Alexandre Chollier, p.43

 

Steinmann « Steinmann, la pyramide de pierres dressée par des alpinistes au sommet d'une montagne » Autour du cairn, Alexandre Chollier, p.43.

 

Quechua « Quant à l'Indien quechua ou aymara, il n'oubliera pas dans certains lieux, le plus souvent des cols, de montrer sa gratitude envers la Pachamama et les autres esprits lui ayant accordé de voyager sans périls. Pour cela, il ajoutera dans l'apacheta une pierre, mais également différents objets, marquant (en quechua le mot le dit) le lieu de halte ou de repos ou encore le lieu d'où la fatigue est emportée » Autour du cairn, Alexandre Chollier, p.43.

 

Chaps « le chaps décrit par Ella Sykes, tas de pierres sur le quel, dans le Balû chistân iranien, des musiciens viennent s'installer pour jouer, le nom faisant écho au bruit des applaudissements dont la foule, dansant tout autour, régale les musiciens » Autour du cairn, Alexandre Chollier, P.42-43.

 

« le radjma désigne-t-il, parallèlement au tas de pierres sacré, la réunion de personnes. En arabe dialectal maghrébin, le verbe radjm trouve son équivalent dans celui de kerker(amonceler, entasser, ramasser, réunir). Kerkour, le tas de pierres, est son substantif dérivé » Autour du cairn, Alexandre Chollier, p.42.

 

Laptse « Situé sur les cols ou les sommets, le laptse sera élevé en l'honneur des divinités du lieu dont il faut soit s'assurer la protection soit détourner la colère. Rolf-Alfred Stein nous apprend que son nom vaut pour « taxe de passage des chemins et des cols » (lan-la'i sgo-khral), ou « borne-registre du chemin » (lam-tho) ». Autour du cairn, Alexandre Chollier, p.41.

 

« Du sanskrit dhatugarbha, corrompu selon Fosco Maraini en dagaba d'où vient le mot pagode, mchod rten signifie en tibétain « ce qui vient recueillir les offrandes ». En ce sens, il désigne tant le monumental lamaïste ou bouddhiste que le cairn composé de cailloux » Autour du cairn, Alexandre Chollier, p.41.

 

Chorten « le mot chorten vient montrer une intrication plus forte encore entre l'artefact et l'humain » Autour du cairn, Alexandre Chollier, p.41.

 


 

Art Végétal - Land Art- jardin nomade, herbier contemporain





algues  green and purple - land art  - pourville 2012 fw

 

 

Depuis 2004 j'herborise en milieu naturel ainsi que dans les espaces ordonnancés dans les sites tels que les parcs et jardins, ce fut dans le parc de l'abbaye de Jumièges (domaine public) puis en 2015 dans le parc et jardin du château du Taillis à Duclair (domaine privé) que j'ai pu commencer à compléter dès 2014 ma collection de fruits et graines collectés dans les milieux naturels

Une passion qui est née à Hautôt-Saint-Sulpice

 

qui ne date pas d'hier

 

Herboriser consiste lors d'une promenade ou d'une excursion dans un site naturel ou paysagé de ramasser ou de cueillir des végétaux avec précaution feuilles, fruits, graines, faines, cônes, cosses, épines, gousses, bogues, capsules, cupules, drupes, akènes, lanternes etc...) afin de les préparer à leur conservation dans des tamis (séchoirs) et avant de pouvoir les incorporer dans mon herbier contemporain, dans mon jardin nomade, dans cette collection inerte et de pouvoir les exposer dans les lieux dédiés (château, abbaye, parc, centre culturel, zone littorale...)

 

Expérience Land Art en 2013 à la Trinité de Réville

 

Après avoir constitué trois herbiers dont le premier en 1968 dans les Alpes (Savoie), le second en Montagne Noire (année 1980) et le troisième dans le début des années 2000 dont je n'ai plus traces, mon actuel herbier contemporain se présente sous une forme singulière et innovante d'un jardin nomade dont les ressources naturelles sont installées dans des tamis en combinant forme, couleur, volume, plasticité, odeur, saveur. Cet herbier est en quelque sorte la troisième génération des herbiers depuis la première forme de l'herbier illustré par le dessin et les couleurs et l'herbier présentant les végétaux préparés, séchés sous presse avant de les fixer sur des planches dédiées.

 

Ces collectages s'étoffent depuis dans de nombreuses régions françaises du Grand Est à la Bretagne, des Hauts de France au Centre Val-de- Loire en passant par l'Île-de-France. La Normandie reste ma terre de prédilection

 

Installation de l'herbier en 2013 à la Trinité de Réville

 

Sites herborisés

 

- au domaine de Courboyer, Parc Naturel Régional du Perche (Orne, Nocé)

 

- au domaine de Villarceaux (Région Ile-de-France)

 

- au domaine du Haras National du Pin dans l'Orne

 

- au domaine d'Harcourt dans l'Eure (arboretum)

 

- au domaine de la Roche-Guyon en Ile de France

 

- au domaine de la ferme du Cotentin à Sainte-Mère-l'Eglise

 

- aux Jardins du Luxembourg à Paris

 

- aux Jardins Suspendus du Havre

 

- au jardin de la Fondation Claude Monet à Giverny

 

- au jardin de l'île de Tatihou

 

- au jardin de la maison Jacques Prévert à Omonville-la-Petite

 

- au jardin de la maison natale de Jean François Millet à Gréville-Hague

 

- au Jardin des Plantes de Rouen

 

- au Jardin des Plantes d'Avranches

 

- au Jardin des Plantes de Caen

 

- au Jardin des Plantes de Coutances

 

- au jardin du Pavillon Flaubert à Croisset,

 

- au Jardin Le Gall à Paris 13ème

 

- au jardin H. Le Sidaner à Gerberoy

 

- au jardin des ifs à Gerberoy

 

- au jardin du musée Gustave Flaubert et d'Histoire de la médecine à Rouen

 

- au jardin du Musée Pierre Corneille à Petit-Couronne et dans le jardin de la commune

 

- au jardin du Musée de l'Art Religieux à Sées

 

- au jardin du Conseil Départemental de l'Orne à Alençon

 

- au jardin du Brûle - Herchies

 

- au jardin du Bourg - Anneville en Saire

 

- au jardin des promenades d'Alençon

 

- au jardin des Archives Départementales de l'Orne à Alençon

 

- au jardin de la buissonnière à Yvetot,

 

- au jardin de la Ville de Grand-Couronne dont celui du presbytère.

 

- au jardin de l'ESPE de Mont St Aignan,

 

- au jardin d'Art et d'Essai de Normanville

 

- au jardin de Belleneau

 

- au parc historique de Chaumont-sur-Loire

 

- au Parc du Thabor à Rennes

 

- au parc du château d'Etelan

 

- au parc du Palais d'Argentré à Sées

 

- au parc de l'Orangerie à Strasbourg

 

- au parc de Champagne à Reims

 

- au parc Botanique de Clères en Seine Maritime

 

- au parc Rousseau à Ermenonville

 

- au parc de l'abbaye de Jumièges, Département de Seine Maritime

 

- au parc du château d'Ecouen

 

- au parc du château d'Acquigny dans l'Eure

 

- au parc du Centre d'Art Contemporain de St Pierre de Varengeville en Seine Maritime

 

- aux parcs de la Ville de Cherbourg

 

- aux parcs de la Ville de Nonancourt

 

- au parc du château le Tertre à Savigny (Bellême)

 

- au parc du château de Flamanville

 

- au parc du château du Taillis à Duclair

 

- au parc du château de Troissereux dans l'Oise

 

- au parc de l'abbaye du Valasse

 

- au parc et jardins du château de Vandrimare

 

- au parc et jardin du monastère de Thibermont près de Dieppe

 

- au parc de Mont Cauvaire (A.M.E.R.)

 

- au Parc du Catillon à Barentin

 

- au potager du Clos masure du Manoir du Fay à Yvetot

 

- au clos masure de Thérouldeville

 

- au site de la Roche d'Oêtre

 

- au site de la Fosse d'Arthour

 

- à l'arboretum de la forêt de Canteleu

 

- à l'arboretum du Bellou (Calvados)

 

- aux remparts de la Ville de St Lô

 

- au Centre abbé Pierre - Emmaüs à Esteville

 

- à la base nautique et de loisirs de Mesnil-sous-Jumièges

 

- à l'arboretum des zones humides à Alençon

 

- aux prairies en bordure de la Sarthe à Alençon

 

- dans un parc privé d'une propriété entre Pavilly et Barentin

 

- à Allouville-Bellefosse (Chêne millénaire)

 

- à proximité des arbres remarquables recensés par Gadeau de Kerville en Normandie dans les départements de Seine Maritime, Eure, Orne, Calvados et Manche

 

- sur les berges de la Seine, de la Loire, de l'Allier, du Beuvron, de la Charentonne, de l'Ain, de la Vire, de l'Orne, du Lot, du Rhône, de l'Eure, de la Garonne...

 

- dans la campagne du Pays de Caux en bordure des chemins,

 

- en forêt de Jumièges et de Mesnil-sous-Jumièges , de Brotonne, de Roumare

 

- sur le littoral de la Manche, de la Mer du Nord et de l'Océan Atlantique

 

D'autres sites sont à l'étude quant à leur faisabilité.

 

Installation de l'herbier contemporain

 

au Parc Naturel Régional des Boucles de la Seine en 2014

 

"Une herborisation est une promenade ou une excursion faite pour effectuer la collecte de spécimens végétaux intéressants, notamment en vue de constituer un herbier.

 

En effet par le prisme d'un jardin nomade et par l'installation land art de mon herbier contemporain dans différents lieux mon objectif est d'évoquer une dimension inédite des parcs et des jardins et des milieux naturels: les arbres, les plantes, les fruits et les graines.

 

Artiste normand, seinomarin, cauchois originaire d'Hautot-St Sulpice, je suis né à Rouen en 1957.

 

Mosaïste, sculpteur, plasticien, artiste botaniste, explorateur de la diversité, depuis ma prime jeunesse je m'inscris dans la tradition du cueilleur-glaneur et bien plus encore depuis 2004.

 

La visée de mon herborisation vise à favoriser la rencontre entre l'art contemporain et la nature par le biais d'un herbier contemporain, unique, innovant, singulier qui permet un regard croisé sur la botanique, la nature, l'environnement, la littérature et les auteurs (Flaubert, Maupassant, Sand, Rousseau, Proust, R.M.du Gard, Prévert, Mirbeau, Gadeau de Kerville...), l'histoire, la biodiversité, le patrimoine naturel et paysagé dans des espaces et des paysages naturels ou ordonnancés.

 

Le tamis qui abrite ces ressources est un cribleur efficace.

 

Ainsi stockées dans ce contenant qui lui sert de séchoir, ces graines, ces fruits résistent admirablement à l'usure du temps.

 

Cet herbier contemporain dépasse les limites de l'herbier traditionnel qu'évoquait Jean Jacques Rousseau.

 

" J'ai fait cet hiver une seule herborisation dans le bois de Boulogne, et j'en ai rapporté quelques mousses. Mais il ne faut pas s'attendre qu'on puisse compléter tous les genres, même pour une espèce unique. Il y en a de bien difficiles à mettre dans un herbier..."

 

P.185 " à M.de Mâlesherbes À Paris, le 11 mai 1772 - Lettres botaniques de Jean Jacques Rousseau

 

" La fantaisie m'a pris de faire une collection de fruits et de graines de toute espèce, qui devraient, avec un herbier, faire la troisième partie d'un cabinet d'histoire naturelle. Quoique j'aie encore acquis très peu de chose, et, que je ne puisse espérer de rien acquérir que très lentement et par hasard, je sens déjà pour cet objet le défaut de place: mais le plaisir de parcourir et visiter incessamment ma petite collection peut seul me payer la peine de la faire; et si je la tenais loin de mes yeux, je ces serais d'en jouira. Si par hasard, vos gardes et jardiniers trouvaient quelquefois sous leurs pas des faines de hêtres, des fruits d'autres, d'érable, de bouleau, et généralement de tous les fruits secs des arbres des forêts ou d'autres, qu'ils en ramassent, en passant quelques-uns dans leurs poches, et que vous voulussiez bien m'en faire parvenir quelques échantillons par occasion, j'aurai un double plaisir d'en orner ma collection naissante"

 

in: Lettres botaniques de Jean Jacques Rousseau

 

à l'épreuve de la feuille blanche - 2012

 

Ainsi constitué, ma visée est de proposer aux publics de porter un autre regard sur les espèces végétales, avec l'idée qu'elles ne sont pas seulement un élément du décor ou du paysage mais aussi des matières et des ressources propices à la création contemporaine.

 

« L'art a le pouvoir singulier de nous apprendre à connaître le monde dans lequel nous vivons, un monde si proche de nous que nous le voyons pas »

 

Anne Cauquelin, Le site et le paysage, QUADRIGE / PUF, Paris, 2002.



 "La route" - photographies


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La route, la nuit, quelque part.

Depuis 2006 et plus intensément depuis 2007, je photographie la route par tous les temps,

en toutes circonstances, sous tous les angles, au volant.

En Haute Normandie et en toute région et même au delà, mon regard se porte sur un univers dont les

peintres s'inspirent aujourd'hui mais bien avant moi quelques cinéastes et photographes

se sont aussi immergés dans cet univers que tout le monde connait  si bien.

Vous reconnaitrez des routes, des ambiances, des endroits...

bref la route nous appartient.

Cette série de photographies n'est que le reflet de la partie immergée d'un album constitué

de milliers de clichés.


Cet album rend hommage à la chanteuse Lhasa (la route) qui nous

a quitté il y a deux ans bientôt,

au cinéaste David Lynch (Lost Highway)

et à Jack Kérouac (on the road) qui ont tous trois magnifié décrit et dépeint cet univers fascinant et tout autant familier:

"la route"

Cet album de photographies  a été commencé fin 2006 avec mes différents appareils photo  Nikon (100, 200 et celui d'aujourd'hui )


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